Lavacolla , point de départ de la dernière étape ; dans cette petite localité à 10 km de Santiago, nos anciens compagnons faisaient halte pour se laver , corriger leur tenue afin de se présenter le lendemain devant l’Apôtre JACQUES .
Je descends une côte, j’arrive dans les faubourgs de Santiago vers 8h30 du matin, je passe devant le panneau routier Santiago, je me sens tranquille , un peu conquérant , j’ai maintenant la certitude d’atteindre le point final de mon pèlerinage.

Comme j’arrive de bonne heure , mon nom et mon pays d’origine seront cités à la messe des pèlerins à 12 heures. Ensuite , je me dirige vers la Cathédrale avec tout mon barda ; j’y pénètre , il y a un office, je suis saisi par l’obscurité et par la grandeur de l’espace.
Mes yeux se brouillent , je pense à mon chemin, à ce que je viens de vivre, je me sens porteur d’espérance et de paix ; mes pensées vont à mes proches , à celles et à ceux que je connais et à ceux que j’ai oubliés .

Je ressors, j’irai à la messe de 12heures . Je me retrouve sur la place . Les pèlerins arrivent un à un , c’est le lieu des retrouvailles , un air de fête plane dans l’atmosphère .

MIDI : messe des pèlerins , tous les compagnons sont là , il y a plus de touristes que de pèlerins . Un mélange d’émotion , de ferveur , de bonheur et de piété m’envahit , un compagnon Allemand que j’ai côtoyé pendant une partie du chemin chante a cappella l’AVE MARIA , ma gorge se serre, je réalise la fin de mon chemin , alors je rêve de continuer , de ne plus m’arrêter , E ULTREIA ! d’aller aux extrémités de la terre avec mes compagnons pour y chercher nos étoiles , d’où peut-être une pointe de tristesse dans tout cela .

Après 35 jours de séparation , ma femme est venue me rejoindre à Santiago , le bonheur continue .


La marche dans les faubourgs me paraît interminable, je ne distingue pas les tours de la Cathédrale, il faut s’en approcher tout près pour les apercevoir.
Enfin , j’y suis , me voici devant cette imposante bâtisse, il est 9heures, la place est vide ; mon émotion est grande . Je me dirige vers l’Archevêché pour l’enregistrement de mon arrivée . .Dernière étape ,dernier tampon sur la « crédencial » ; après les vérifications d’usage , je reçois le « Compostela », un diplôme m’honorant du titre de pèlerin véritable.


 

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